dedans-dehors

  • une exposition proposée par l’association d’Ici et d’ailleurs ( http://dicietdailleurs.fr/ici/ )
  • Un travail de Nicolas Ponceau
  • du 12 juillet au 20aout 2017

Nicolas PONCEAU, artiste peintre

En parallèle de mon travail d’artiste peintre, je suis aussi intervenant en arts plastiques au sein de différentes structures et d’associations telles que : l’APF (Association des Paralysés de France), Floréal (association d’aide aux personnes souffrant de handicaps psychiques). J’ai ainsi développé, je le pense, une certaine aptitude à travailler avec des publics « particuliers ».

En 2010, j’ai eu l’occasion de proposer un projet d’ateliers pour les détenus de la maison d’arrêt de Besançon. Ce programme, intitulé « L’Encre dans tous ces États », s’est déroulé sur plusieurs mois en 2010-2011 et a été ma première expérience dans ce milieu très spécial qu’est l’univers carcéral.

Fort de ce premier contact qui m’a permis d’appréhender les différentes contraintes inhérentes à un milieu fermé, j’ai élaboré un second projet, plus ambitieux, combinant un travail préparatoire avec les détenus et la réalisation d’une œuvre personnelle dont le résultat est ce cube ouvert dont les faces (1m90 x 1m90) sont peintes recto-verso.

« DEDANS-DEHORS » est le nom de ce projet. Il débuta par des ateliers hebdomadaires où je proposai aux participants, après leur avoir présentés différents aspects de mon travail d’artiste, de s’immiscer dans mon univers créatif, de s’en nourrir et d’imaginer des déclinaisons autour des différents thèmes que nous aurons pu identifier ensemble.

Parallèlement, et en réaction à ce travail collectif, je me suis nourri des propositions (formelles ou techniques) des détenus pour faire évoluer mon approche de la réalisation finale ; mon investissement dans cette création étant le fil conducteur qui permis aux participants de se raccrocher à n’importe quel moment au travail en devenir.

Au-delà du simple atelier de pratiques artistiques, la réalisation d’une œuvre in situ a été l’occasion de créer une dynamique au sein de la maison d’arrêt avec la participation active des détenus volontaires, voir de certains membres du personnel pénitentiaire ; mon rôle étant celui d’un provocateur de réaction, bouleversant le quotidien et amenant chacun à appréhender à sa manière la création artistique, à s’y impliquer, à se l’approprier, à en devenir acteur, … Bref, à vivre une expérience originale.

L’atelier devient alors un lieu d’échanges où le « lien humain » est essentiel.

Cette dynamique s’est poursuivie au moment de la présentation du « Cube » à un public extérieur venu pour l’occasion inaugurer l’œuvre aboutie, mais surtout lorsque l’on a pu la mettre en scène dans les coursives de la maison d’arrêt de manière à ce que ses occupants (détenus et surveillants) puissent en profiter et réagir eux aussi.

Cette expérience à la maison d’arrêt de Besançon fut pour moi un enrichissement, tant par l’ouverture de nouvelles pistes de réflexions pour mon travail artistique, qu’une appréhension toujours plus poussée de la complexité de la nature humaine.

Je poursuis mon chemin à Pontarlier, à l’EHPAD du Haut-Doubs, pour un projet similaire intitulé « Entre Ciel et Terre » : des ateliers avec les résidants et la réalisation d’une œuvre issue de mon immersion dans ce lieu de vie et de passage…


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